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lundi 30 avril 2018

Auriculothérapie

Auriculothérapie

Paul Nogier
L'Auriculothérapie, ou acupuncture auriculaire, est une variante moderne de l'acupuncture fondée en Chine. Elle fut fondée en 1956 par un médecin aupuncteur lyonnais Paul F. M. Nogier (1908-1996) et s'est propagée à partir de la France jusqu'en Chine où elle est pratiquée tout comme dans d'autre pays. Elle n'est pas une partie intégrante de l'acupuncture traditionnelle chinoise et constitue un système autonome global en lui-même. L'acupuncture auriculaire est étroitement liée au diagnostic du pavillon de l'oreille (l'oreille externe), également appelé diagnostic auriculaire qui est aussi dû à Nogier.
L'acupuncture auriculaire n'est pas basée sur la théorie des méridiens d'acupuncture. Au lieu de cela, elle suppose qu'est représenté sur l'oreille externe un schéma de l'organisme humain. Cet organisme est représenté la tête en bas et en position recroquevillée, figurant grossièrement l’image d’un fœtus inversé. Nogier a réparti sur le pavillon, à des emplacements déterminés, les différentes parties du corps.
La résistance de la peau des supposés points d'acupuncture est testée avec des appareils spéciaux. Pour les droitiers, on fait ça sur l'oreille gauche et pour les gauchers sur l'oreille droite. Il n'est d'ailleurs proposé aucune instruction crédible sur l'oreille à tester quand le patient est ambidextre, ce qui est certes rare, mais qui se produit dans 5-8% des cas.
Clou en titane pour implantation
Démonstration d'une implantation de clous sur un modèle d'oreille par le neurologue
Raphaël Nogier
Les thérapies sont faites à l'aide d'aiguilles d'acupuncture qui sont enfoncées dans les points. Quand ils ne sont pas piqués, on utilise également des stylets de massage ou des billes de pression. Le traitement est réitéré à plusieurs reprises à des intervalles de quelques jours. Sont aussi utilisées des aiguilles à demeure qui ont des barbillons et qui doivent rester en place pendant plusieurs jours. Il y a en outre de petits clous en titane pour l'acupuncture d'implants dans ​​l'oreille et des implants à demeure résorbables (société Lametec[1]).
Depuis la mort de l'inventeur, Paul Nogier, la méthode continue à être propagée par son fils Raphaël Nogier[2] et diverses entreprises européennes et non-européennes qui offrent des cours de formation et des séminaires.

Sont vantées des indications des plus diverses

Les préconisateurs prétendent que la méthode peut influer sur toutes sortes de douleur, les soulager ou les éliminer. Cela va des douleurs traumatiques comme par exemple après les accidents, en passant par les névralgies, les maux de tête de toutes sortes et origines, la sciatique, les douleurs fantôme, les douleurs dans les crises rhumatismales ou la claudication intermittente jusqu'à névralgie post-herpétique (zona). Nogier recommandait déjà l'auriculothérapie pour le traitement de toutes les maladies qui affectent le système nerveux central. La peur, l'agoraphobie, l'obsession, le manque de concentration, le vertige, le bégaiement, etc sont quelques exemples. L'acupuncture auriculaire proclame une importance particulière dans le traitement de l'addiction (abus d'alcool, de drogues ou de médicaments, sevrage tabagique, lutte contre la dépendance à la nourriture). Les acupuncteurs auriculaire prétendent également pouvoir aider dans les allergies, l'asthme, l'inflammation et les spasmes des organes internes allant des affections pancréatiques à la colite. Il n'y a aucune preuve plausible d'efficacité pour aucune de ces indications thérapeutiques.

Critique de la méthode

Il y a une étude par Sakka (2002) [3], dans laquelle 39 fumeurs ont été traités par thérapie auriculaire pour traiter leur dépendance. Après 2 mois, 38,5% des sujets avaient cessé de fumer. Cela semble être la preuve de l'efficacité de la méthode, mais c'est (une preuve) qui manque absolument de crédiblilité. Un taux de succès similaire est absolument monnaie courante chez les gens qui veulent arrêter de fumer. Le temps d'observation est trop court pour déterminer un effet permanent de la méthode. Habituellemnt, chez plus de la moitié des personnes initialement libérés de la dépendance, survient une rechute au cours de la première année après la décision d'abstinence de nicotine.
Melzack et Katz (1984) ont déjà montré que l'affirmation enthousiaste des thérapeutes auriculaires de soulager diverses formes de douleur avec cette méthode ne s'est, en réalité, pas réalisée[4]. Dans un essai croisé contrôlé, 36 patients souffrant de douleurs chroniques ont été traités tout d'abord avec de la thérapie auriculaire, puis avec un traitement simulé. En utilisant un questionnaire d'évaluation de la douleur (McGill Pain Questionnaire) aux deux moments de traitement, aucune différence significative dans la perception subjective de la douleur n'a pû être établie.
Anatomiquement, l'idée de la projection du corps sur l'oreille n'est pas soutenable. Il n'y a à ce jour aucune étude sérieuse qui prouverait une corrélation entre les résultats organiques et les points d'acupuncture auriculaire. Divers représentants de la théorie indiquent des localisations contradictoires des points d'acupuncture. Dans un cas l'utérus est localisé sur le point sur lequel le pied est censé être représenté, et là où une théorie localise le cerveau d'autres y associent la langue, les amygdales ou le nez. L'acupuncture auriculaire est une méthode placebo qui détend ainsi le patient pendant un certain temps mais ne peut pas éliminer la maladie sous-jacente.

La situation en France

À ce jour, bien que le modèle théorique de l'auriculothérapie n'ait pas été scientifiquement validé, que les connaissances médicales actuelles ne soutiennent pas ses hypothèses, elle est pourtant enseignée en France dans le cadre de DIU (Diplôme Inter-Universitaire) et pratiquée par des médecins, par exemple à l'Istitut Gustave Roussy (Villejuif)[5].
On trouve ainsi des DIU d'auriculothérapie à l'université de Paris-Nord dit aussi Paris-13 (DUMENAT)[6] (Dr David Alimi), à l'UFR de Médecine au Kremlin-Bicêtre, dépendant de l'Université de Paris-11 (Université Paris Sud)[7]. Elle est également enseignée à la faculté de médecine de Nantes par le Dr Yunsan Méas et le Dr Yves Rouxeville, tout deux élèves directs de Paul Nogier, au sein du DIU d'acupuncture[8].

Autre lieu de formation, l'association "Groupe lyonnais des études Médicales" (GLEM)[9], créée en 1965 par Paul Nogier et dont Raphaël Nogier est le président, organise des séminaires et congrès et a créé en 2007 une école d’auriculothérapie et d’auriculomédecine[10].

Le Dr David Alimi

Un des partisans de l'auriculothérapie est le Dr David Alimi, président de la SOciété Française d'Auriculothérapie (SO.F.A.)[11]. Voir ici la première étude qu'il a menée en 2000 en Suisse [12] ... sur au total neuf personnes. Conclusion d'une analyse par l'AFIS d'une autre étude du Dr Alimi (publiée en 2003) portant sur 90 patients : Si les auteurs ont voulu montrer l’efficacité d’un placebo sur la douleur, c’est réussi. S’ils ont voulu convaincre que l’auriculothérapie n’est pas un placebo, c’est raté. Mais la question de fond reste celle de la caution apportée par un établissement public de prestige à des pratiques fondées sur des a priori conceptuels dénués de fondement scientifiques[13].

Le Dr Sabine Brulé

Il suffit de dire que le Dr Brulé est le 2ème médecin de l’Unité de Traitement de la Douleur de l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, équipe qui comporte au total 2 médecins, le Dr Halimi et elle, et secrétaire et trésorière de la SOciété Française d'Auriculothérapie (SO.F.A.) présidée par le Dr Halimi.

Auriculomédecine

Raphaël Nogier a introduit l'appelation d'auriculomédecine autour d’un phénomène supposé, le "pouls de Nogier", qu'avait déjà mentionné son père. Ayant appelé ce phénomène le VAS : Vascular Autonomic Signal[14], autrement dit Signal Vasculaire Autonome, Nogier fils a développé de nouvelles théories. Le VAL serait mesurable, ou du moins palpable, et permettrait d'établir le photogramme du patient. On pourait corriger des dysfonctionnements par luminothérapie ou émissions de fréquences[15].

L'International Collège of Auriculomedicine and Auriculotherapy Review (ICAMAR)

Le site n'est pas très actif, cependant la consultation de la rubrique "Le bureau et l’organisation 2011"[16] permet de connaitre les membres de cette association. On remarque, entre autres, le Dr Yves Rouxeville déjà mentionné ci-dessus et Daniel Courty. Celui-ci a été à l'origine de la création du "Laboratoire d’Investigation Bio-Psychophysique des Champs Informationnels (LIBPCI)" de la société NemoPharm de Montpellier ainsi qu'on l'apprend le site web physioquanta de celle-ci dans leur paragraphe "Historique et nature des activités": "Née de la rencontre de deux universitaires en psychobiologie (M. Martin et D. Courty) avec un praticien chevronné, chercheur et passionné de « physiomique » (J.L. Garillon, pionnier en "médecine quantique" )".[17]

Effets secondaires possibles

Il a été observé des effets decondaires directs et indirects. Les effets secondaires directs sont, par exemple, des implantations/insertions au travers de la peau jusque dans le cartilage de l'oreille. L'oreille est comparativement faiblement irriguée de sang, cependant les possibilités d'infections locales, qui pouraient aller jusqu'au cartilage et le détruire sont tout à fait possibles. Des effets secondaires indirects peuvent survenir en raison de maladies aiguës qui nécessitent un traitement sérieux; une thérapie rapide et ciblée ne doit pas avoir lieu à cause d'une publicité intensive de l'auriculothérapie et de sa prétendue efficacité multifonction. Certes, en France, l'exercice de l'acupuncture (et donc l'auriculothérapie) est réservé aux seuls médecins, mais, de fait, l'acupuncture est pratiquée par beaucoup de personnes qui ne le sont pas, avec une large tolérance.

Liens externes

  • http://www.charlatans.info/auriculotherapie.shtml
  • http://www.sante.gouv.fr/fichiers/bo/2000/00-31/a0312238.htm Situation cocasse (voir NOR : MESM0022205). Selon l'AFFSAP affirmer qu'avec l'auriculothérapie "il est possible de traiter une douleur ou un trouble fonctionnel par un agent physique entraînant une série de réactions neurologiques et biologiques qui auront une action curative. Le traitement peut s'effectuer dans les cas suivants : tabac, pallier son absence et l'état de manque, évite le malaise vagal, effet sédatif, limite la prise de poids ; stress, angoisse, tension nerveuse, insomnie, fatigue, troubles digestifs, migraines ; poids, effet sédatif, limite l'appétit en agissant comme un coupe-faim. Pour le poids et le tabac, une seule séance suffit en général", est une publicité mensongère. Un arrêt est donc publié au JO pour interdire cette publicité à la société Les Ateliers du corps de Marseille.

Article de Psiram dans d'autres langues

Références

  1. Aller http://www.lametec.de/corporate/Deutsch/Produkte.html
  2. Aller http://www.auriculo.biz/index.html Le site de Raphaël Nogier
  3. Aller Sakka F: Role of auriculotherapy in smoking cessation. Personal experience. Tunis Med, 80, 217-219, 2002
  4. Aller Melzack R, Katz J: Auriculotherapy fails to relieve chronic pain. A controlled crossover study. J Am Med Assoc, 251, 1041-1043, 1984
  5. Aller http://www.gustaveroussy.fr/fr/page/centre-d-evaluation-et-de-traitement-de-la-douleur_244
  6. Aller http://www-smbh.univ-paris13.fr/formations/du-diu/69-medecines-complementaires/236-diu-auriculotherapie.html
  7. Aller http://www.euni.de/tools/jobpopup.php?lang=en&option=showJobs&jobid=299777&jobtyp=5&jtyp=3&university=Universit%C3%A9+de+Paris+11+(Universit%C3%A9+Paris+Sud)&country=FR&sid=12020&name=DIU+Auriculoth%C3%A9rapie+(acupuncture+auriculaire)+(FC)+(Dipl%C3%B4me+d'Universit%C3%A9) Les DU et DIU à l'Université Paris-sud (Paris-11)
  8. Aller http://www.springer.com/medicine/complementary+%26+alternative+medicine/book/978-2-8178-0217-6
  9. Aller http://www.glem.org/articles.php?lng=fr&pg=605 Cet article fait un historique du GLEM. On y trouve les noms des partisans de l'auriculothérapie, par exemple le Pr Pierre MAGNIN, qui a été Recteur de la Faculté de Médecine de Besançon, Anthony de SOUSA enseignant à l'école du GLEM, le Dr Alimi etc.
  10. Aller http://www.glem.org/articles.php?lng=fr&pg=119
  11. Aller http://auriculo-scientifique.canal-medecine.com/ Le site de la SO.F.A du Dr David Alimi
  12. Aller http://www.acupuncture-medic.com/Congres/Nantes/auriculoIRM.htm Signaux cérébraux D’I.R.M. fonctionnelle recueillis après stimulation par acupuncture auriculaire
    Etude Réalisée de mars à mai 2000, à l'Institut de radiologie du Docteur Alfred Geissmann, à Bâle (Suisse)
    Directeur de l'étude : Dr David Alimi, Neurophysiologiste, Chronobiologiste, Auriculoacupuncteur, chargé de Consultation et de Recherche au Service d’Analgésie de l’I.G.R. de Villejuif, chef du Département Universitaire d’Acupuncture auriculaire à la Faculté de Médecine de Paris XIII.
  13. Aller http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article288 Sur le site de l'AFIS, un article publié de 2004 à propos d'une étude publiée en 2003 par le Dr David Halimi et Co. Les tenants des pseudo-sciences savent parfois emprunter un discours et des méthodes apparemment scientifiques qui demandent beaucoup de vigilance pour être détectés. L’article adressé par une lectrice qui s’interroge et nous interroge sur le caractère scientifique de l’auriculothérapie nous paraît être l’archétype de ce genre d’imposture
  14. Aller http://www.auriculo.biz/auriculomedecine.php
  15. Aller https://www.youtube.com/watch?v=g99KSRLhmR4 Raphaël Nogier: Séance de luminothérapie ou de projections de fréquences, le tout basé sur la théorie du "pouls de Nogier" ou VAL
  16. Aller http://www.icamar.org/icamar10/spip.php?article44
  17. Aller http://www.physioquanta.com/index.php?option=com_k2&view=item&layout=item&id=37&Itemid=626&lang=fr

Biorésonance

Biorésonance

Traitement par biorésonance[1]
Schéma explicatif typique pour l'"explication" de la biorésonance
La Biorésonance est un concept de médecine alternative pseudo-scientifique selon lequel le corps humain émettrait un spectre d'ondes électromagnétiques mesurables qui donnerait des renseignements sur les maladies. Là-dessus est basée la thérapie par biorésonance à laquelle de très nombreux naturopathes, Heilpraktikers et médecins ont recours de par le monde pour de pseudo-médicales guérisons de toutes les maladies possibles, en particulier les allergies, les troubles de sommeil, les fatigues chroniques, etc.
Certains vétérinaires et naturopathes pour animaux prétendent pouvoir constater un effet curatif de la thérapie par biorésonance également chez les animaux, par exemple pour l'infestation de parasites. Plusieurs fournisseurs proposent également le procédé pour le traitement des plantes. En Autriche surtout est proposée une méthode AMB.
La thérapie par biorésonance est connue sous les appelations BRT, Mora Thérapie, thérapie informationnelle, thérapie multi-résonance,Vega Test, médecine régulative (BICOMMora), médecine vibratoire (Rayonex), ou encore thérapie BICOM. La biorésonance peut être considérée comme un développement de procédés plus anciens et se base par exemple sur l'Électro-acupuncture selon Voll (EAV) ou la radionique.
Etant donné qu'il n'y a aucune preuve scientifique pour une quelconque efficacité de cette méthode, les assurances-maladie dans la quasi-totalité des pays refusent le remboursement de ces thérapies. Les appareils non agréés par l'administration américaine ou dépourvu du sigle CE 1 et CE 2 sont interdits d'importation dans la plupart des pays du monde. Certains appareils sont également interdits de vente sur Ebay.

Le procédé

Biorésonance avec une capuche à électrodes. Fabriquant Rayonex
(Remarque préliminaire de Psiram : Les vibrations émises seraient des "ondes vibratoires" émises par la "matière vibratoire", ces ondes ayant une longueur d'onde propre, une fréquence donc, variable selon la matière (ou la substance) qui les émettent. Dans les paragraphes qui suivent, on pourrait donc remplacer le mot "vibrations" par le mot "ondes" sans que le sens général soit changé.)
Un signal électrique est mesuré à l'aide d'électrodes que le patient tient à la main. Un filtre (séparateur) servirait à séparer les vibrations pathogènes des saines, et la distinction se ferait sur la base de la fréquence. Le signal serait alors "inversé" dans l'appareil de biorésonance et envoyé de nouveau au corps au moyen d'une autre électrode. Les deux signaux seraient alors censés s'annuler mutuellement, moyennant quoi le "modèle fréquentiel" nuisible et ainsi la maladie pourrait être "supprimés".
A la place des électrodes, on trouve souvent aussi des gants, des chaussettes, des capuches, des coussins, des couvertures, des matelas en textile avec des fils électriques. Les électrodes sont parfois qualifiées de "détecteurs".
Quelques appareils utilisent des fonctions supplémentaires pour "énergétiser" ou "tester" des substances. Il serait possible, via un gobelet métallique, de transférer des "informations" d'une substance (salive, sang, urine, antibiotique, aspirine, etc.) vers une autre substance, par exemple une bouteille d'eau. Comme dans le dit test de résonance de l'EAV, est utilisé un gobelet métallique qui est raccordé avec un cable à l'appareil de thérapie, ou une "alvéole de test" dans laquelle on peut mettre des ampoules avec des substances. Les supposées "vibrations" émises par les substances seraient ainsi enregistrées. Des "informations" pourraient également être transmises en sens inverse aux substances. Au sujet de la nature des supposées vibrations des substances, il n'y a que des déclarations vagues et contradictoires.
Des "vibrations" contenues dans certaines substances pourraient ainsi être utilisées pour guérir des maladies. Une philosophie très proche de l'homéopathie ou de la médecine informationnelle. Les constructeurs ne livrent à ce sujet que des données floues et contradictoires par rapport à ces vibrations des substances. Un fabricant affirme qu'il s'agirait "de vibrations dans le domaine des bioénergies", qui, cependant, se laissent objectivement aussi peu enregistrer et mesurer dans l'état actuel de la physique, que, par exemple, les dits rayonnements terrestres perceptibles avec une baguette de sourcier.[2]" Néanmoins, les signaux se laisseraient cependant manifestement transformer au moyen d'une simple technique de commutation électronique. En outre, on annonce que ces appareils pourraient fournir des "modèles fréquenciels" sauvegardés de médicaments ou des "modèles fréquentiels de thérapies" précises pour des troubles survenant fréquemment. En raison des caractéristiques du produit, les frontières sont floues entre la biorésonance et d'autres procédés pseudo-médicaux comme l'EAV, la radionique, l'électro-acupuncture, l'"homéopathie digitale" (par exemple l'holopathie) ou la thérapie de champ-vital.

Critique

Biorésonance pour chien
Qu'est-ce qu'il faut entendre, théoriquement et médicalement parlant, par processus d'inversion ou de suppression reste un secret des fabricants des appareils, vu que les explications au sujet de la méthode sont rédigées dans un jargon pseudo-scientifique[3]. Dans les prospectus ou les fascicules, il est question, de manière tout à fait typique, de "communication cellulaire perturbée", ainsi que d'explications bidons avec des termes techniques tirés de la physique quantique. Il n'est pas rare qu'il soit également fait référence à ce qu'on appelle les "biophotons". Pourquoi, en raison des prétendus processus de "mécanique quantique", un modèle fréquentiel se situerait dans la plage des basses fréquences, une plage très facile à manier techniquement, là-dessus pas d'explication (les appareils de biorésonance fonctionnent en général dans le domaine allant jusqu'à quelques 100 kHz).
A côté de la question fondamentale, comment la simple "inversion des pôles" des symptômes provoquerait une guérison, est également obscur pourquoi, par l'envoi des signaux propres au corps inversés, seuls les signaux nocifs seraient supprimés et pas également ceux qui sont bénéfiques au corps ou même nécessaires. Certes, il est parfois question d'un "séparateur", où il est dit, par exemple, qu'"à l'aide d'un filtre biologique spécial (Molekularsaugkreis, circuit d'absorption moléculaire), les vibrations physiologiques bénéfiques au corps seraient séparées des vibrations pathologiques"[4]. Avec cela rien n'est expliqué : un circuit d'absorption n'est rien d'autre que la réalisation relativement simple, connue de la technique-radio, d'un filtre qui laisse passer, seulement affaiblis, les signaux d'une fréquence déterminée. D'où le filtre, ou son constructeur, sait-il sur quelles fréquences il doit être réglé, reste encore et toujours mystérieux. Beaucoup de fournisseurs aussi n'abordent pas du tout cette question.
Notons que la nature aurait dû faire en sorte de se montrer complaisante envers les idées ésotériques naïves de bonnes ou de mauvaises vibrations afin qu'on puisse les différencier simplement à l'aide de leurs fréquences comme on peut sélectionner une station de radio en choisissant la fréquence sur laquelle celle-ci émet. La plupart des signaux de vibrations naturelles couvrent une certaine gamme de fréquences (il suffit de penser aux vibrations acoustiques des bruits) et ne peuvent donc pas être séparées d'une manière aussi primitive en désirables et indésirables. Même avec les signaux électriques propres de l'organisme qui existent réellement et sont utilisés pour des buts diagnostiques depuis longtemps, par exemple pour les électrocardiogrammes et les électro-encéphalogramme, les choses sont plus complexes.

Etat des études scientifiques

Une autre question est le support scientifique des appareils de biorésonance. Une telle technologie "extraordinaire pour le progrès de la médecine" devrait avoir être inventée, développée et accompagnée par des dizaines, voire des centaines de chercheurs et de médecins de très haut niveau, pouvoir produire à l'appui des milliers de documents. Or, très rares sont les personnes connues qui se sont chargées du développement de ces appareils et de ces programmes informatiques. Au niveau des études cliniques et publications scientifiques, les fabriquants produisent des attestations de complaisance (médecins-clients), ou des certificats de moulins à diplômes situés dans des pays exotiques, ou encore déclarent que les études scientifiques seraient en cours.
Des nombreuses études scientifiques au sujet d'une éventuelle utilisation des procédés de la biorésonance pour des analyses des maladies ou des traitements des maladies n'ont donné aucun résultat dépassant celui de l'effet placebo.[5]
L'application de la biorésonance peut induire des analyses erronées avec le danger des traitements non appropriés[6]. Aucun appareil ou procédé de biorésonance est capable d'analyser correctement des maladies, car le principe de la biorésonance reste flou, n'a pas été validé par la science et ne fournit pas de résultats reproductibles[7]. Ceci n'est pas étonnant, car même si des fréquences typiques pour les maladies existaient, on ne peut comprendre comment ces fréquences "ultra-fines" pourraient être détectées par une simple électrode dans la main du patient dans une pièce non protégée. Dans la bande de fréquences douteuses, on mesure surtout, de cette manière, un mélange de signaux parasites de toutes sortes qui sont essentiellement transportés par des lignes électriques et rayonnées d'elles. La thérapie du bégaiement enfantin n'a également montré aucune efficacité[8].
La biorésonance est souvent utilisée par ses partisans pour un diagnostic d'allergie. Elle n'y est cependant pas appropriée[9]. La biorésonance est aussi employée à des fins thérapeutiques pour des allergies ou des allergies supposées. Une étude de l'Université de Lübeck en 2001 estimait que 26% de tous les patients concernés choisisaient une thérapie dans le domaine médical alternatif, d'un coût non négligeable (aussi), et qu'environ 10% d'entre eux se tournait vers la Biorésonance.
Les études scientifiques ont cependant montré que les résultats positifs de guérison dans l'allergie des enfants n'étaient pas reproductibles et ne dépassaient pas l'effet placebo[10] [11] [12] [13][14] [15] [16] [17] [18] [19].
En 2006, dans une prise de position au sujet des appareils de biorésonance et l'électroacupuncture, la commission de la Société pour l'Allergologie et l'Immunologie Suisse (SGAI) conclut : ces méthodes d'analyse et de thérapie des (supposées) allergies sont un non-sens/absurdité.[20]

Relation avec les Scientologues

Franz Morell
Erich Rasche
L'inventeur des premiers appareils de thérapies par biorésonance, est le médecin, SS-Oberscharführer (grade SS équivalent à adjudant) et scientologue Franz Morell (1921-1990)[21] [22], conjointement avec son gendre, l'ingénieur Erich Rasche (né en 1946). L'appareil MORA et le procédé de MORA-Thérapie tirent leur appelation des deux premières lettres de leurs deux noms.
Suite à un travail de collaboration, en 1976, avec le Docteur Morell, Hans Brugemann a mis au point, en 1987, l’appareil de biorésonance BICOM qui est le successeur des appareils MORA. Hans Brügemann, directeur de la sarl Regumed qui produit les appareils BICOM, est ou était également scientologue[23]. En 1990, dans un article de journal, il faisait le lien entre la thérapie de biorésonance et les idées du fondateur de la Scientologie, L. Ron Hubbard[24] [25]. Fin 2008, Brügemann a diffusé une explication selon laquelle aucun lien économique ou organisationnel ne subsisterait entre Regumed GmbH et l'organisation de la Scientologue et aussi que l'appareil BICOM produit par Regumed ne serait pas semblable à l'E-Meter employé par la Scientologie (on ne sait pas si quelqu'un l'avait affirmé)[26].

Publication en 1995 dans le Bulletin des médecins suisse à propos de la Biorésonance

Une prise de position de la Commission de spécialité de la Société suisse d’allergologie et d’immunologie (SSAI) sur la biorésonance et les appareils d’électroacupuncture utilisés dans le diagnostic et la thérapie d’états soi-disant allergiques (article publié dans le Bulletin des médecins suisses, en 1995)
La biorésonance: un non-sens diagnostique et thérapeutique.
[...] Conclusions: Bien que les diverses prises de positions provenant des sociétés d’allergologie mettent unanimement en garde contre l’usage de procédés de biorésonance et d’électro-acupuncture, des maisons commerciales et des médecins (ou thérapeutes non médecins) persistent à pratiquer de telles méthodes. De plus, plusieurs caisses-maladie se déclarent prêtes à prendre leurs coûts en charge dans le cadre d’assurances complémentaires. Des patients crédules se retrouveront ainsi suivre des diètes ou des procédés «d’effacement» aberrants, croyant ainsi effacer une allergie qui n’existe pas.
En raison de l’absence de possibilité d’intervention légale, la SSAI s’adresse, au travers de la présente prise de position, au corps médical, aux patients et organisations de patients, ainsi qu’aux responsables politiques, media et caisses maladie – et même aux praticiens de médecine complémentaire – en les mettant en garde contre l’usage de ces méthodes. Il est crucial que les caisses-maladie s’abstiennent aussi de soutenir ces méthodes à l’aide d’assurances complémentaires.
Les phénomènes physiques imaginés à la base de la biorésonance et de l’électro-acupuncture ont été jugés indéfendables par des physiciens. Les études cliniques contrôlées n’ont montré aucune corrélation avec les résultats des méthodes scientifiques reconnues et éprouvées, ni aucun effet thérapeutique. Des méthodes inefficaces non seulement augmentent inutilement les coûts de la médecine, mais peuvent aussi être dangereuses, si elles éloignent d’un vrai diagnostic des patients avec une affection potentiellement grave, comme, par exemple, l’anaphylaxie aux venins d’hyménoptères, ou aux aliments ou à certains médicaments. La SSAI conclut ainsi que ces méthodes ne peuvent pas être classées comme non dangereuses et que la demande de reconnaissance ne doit pas être acceptée.[27]

Liens externes

Article de Psiram dans d'autres langues

Références

  1. Aller Description schématique sur une publicité de la firme Regumed
  2. Aller Offenlegungsschrift DE 4010240 A1: Resonator für hohe Frequenzen. Anmelder: Rayonex GmbH. Anmeldetag: 30. März 1990
  3. Aller Edzard Ernst: Bioresonance, a study of pseudo-scientific language. Forsch Komplementarmed Klass Naturheilkd. 2004 Jun;11(3):171-3
  4. Aller Hufelandgesellschaft e.V. : Hufeland-Leistungsverzeichnis der Besonderen Therapierichtungen, 4. Auflage, bearbeitet von Manfred Rimpler. Haug-Verlag, Stuttgart 2005
  5. Aller Übersicht in B. Wüthrich et. al.: Bioresonanz - diagnostischer und therapeutischer Unsinn. (Biorésonance - Absurdité diagnostique et thérapeutique) Schweizerische Ärztezeitung 02/2006, 50-54
  6. Aller Oepen, I.: Unconventional diagnostic and therapeutic methods in environmental medicine. Gesundheitswesen, 1998 Jul;60(7):420-30
  7. Aller Kleine-Tebbe J, Herold DA: Inappropriate test methods in allergy. Hautarzt, 22.10.2010
  8. Aller Wille A.: Bioresonance therapy (biophysical information therapy) in stuttering children. Forsch Komplementarmed. 1999 Feb;6 Suppl 1:50-2
  9. Aller Wüthrich B.: Unproven techniques in allergy diagnosis. J Investig Allergol Clin Immunol., 2005;15(2):86-90
  10. Aller Berggold O.: Der sogenannte Medikamententest in der Elektroakupunktur. Zeitschr. Allgemeinmed., 1976, 52, S.312
  11. Aller Bresser H.: Allergietestung mit der Elektroakupunktur nach Voll. Hautarzt, 1993 44, S.408
  12. Aller Hörner M.: Bioresonanz: Anspruch einer Methode und Ergebnis einer technischen Überprüfung. Allergologie, 1995, 18, S. 302
  13. Aller Kofler H.: Bioresonanz bei Pollinose. Eine vergleichende Untersuchung zur diagnostischen und therapeutischen Wertigkeit. Allergologie 1996,19, S. 114
  14. Aller Niggemann B.: Unkonventionelle Verfahren in der Allergologie. Kontroverse oder Alternative? Allergologie 2002,25, S. 34
  15. Aller Schöni M. H.: Efficacy trial of bioresonance in children with atopic dermatitis. Arch. Allergy Immunol., 1997, Mar; 112(3), S. 238-246
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