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lundi 15 décembre 2014

Phagothérapie, alternative à l'inéficacité croissante des antibiotiques

Découverte des bactériophages

La découverte des bactériophages s’est déroulée en plusieurs étapes. En premier lieu, il est aujourd’hui admis que les travaux de H. Hankin publié en 1896 dans les annales de l’Institut Pasteur sont les premières évidences de la présence de bactériophages dans l’eau et de leurs activités antibactériennes. Puis au début du XXème siècle, avant la découverte des antibiotiques, un chercheur anglais dénommé Frederik Twort décrit une substance douée de propriétés antibactériennes sans toutefois en précisé la nature. En 1917, un chercheur franco-canadien, Félix d’Herelle, travaillant à l’Institut Pasteur, décrit l’isolement et les propriétés de ce qu’il considéra dans un premier temps comme un microbe antagoniste, et auquel il donna le nom de bactériophage (du grec baktêria: bâton-les premières bactéries observées avaient une forme de bâton- et phagein : manger). Après une période faste de développement de l’utilisation des bactériophages en médecine, qui dura une vingtaine d’années, ceux-ci sont progressivement délaissés au profit des antibiotiques. 
 
Bactériophages et médecine, une longue histoire 

 
Dans son article fondateur de 1917, Félix d’Hérelle isola les premiers bactériophages à partir des selles de patients en voie de guérison. Il pensa que ces bactériophages étaient les agents responsables des guérisons naturelles que l’on pouvait observer à cette époque. A partir de ce raisonnement il démontra rapidement que les bactériophages pouvaient être utilisés pour traiter des infections bactériennes chez l’homme. Ainsi, les bactériophages furent utilisés en médecine à partir de 1919, 10 ans exactement avant la découverte du premier antibiotique, la pénicilline. En tant que premiers agents anti-bactériens spécifiques leur utilisation fût immédiate. Cependant, la nature même de ces bactériophages était au coeur d’un débat scientifique pendant plusieurs années jusqu’à ce que la preuve de leur nature virale (via l’observation en microscopie électronique) fût définitivement établie. 

L’avènement des antibiotiques et le contexte historique de la seconde guerre mondiale et ses conséquences géopolitiques, ont abouti à créer une situation inédite. D’un côté la phagothérapie est tombée dans l’oubli et de l’autre elle s’est développée. En effet, dans les années 1920, un chercheur géorgien, Georgyi Eliava, visita Félix d’Herelle à l’Institut Pasteur de Paris et reparti convaincu de l’utilisation médicale des bactériophages (photo ci-dessous à mettre au niveau de ce texte). Quelques années plus tard il fût à l’origine de la construction à Tbilissi d’un institut dédié à la recherche et à l’application médicale des bactériophages. Cet institut dénommé aujourd’hui Eliava Institute of Bacteriophage, Microbiology & Virology (http://www.eliava-institute.org) a maintenu son activité de recherche et de traitement pendant toutes ces années. Actuellement, seul un autre centre de recherches et de traitement localisé à Wroclaw en Pologne propose des traitements à base de bactériophages (http://www.iitd.pan.wroc.pl/en/Phages/‎). 

La résistance accrue des bactéries pathogènes à de multiples antibiotiques alliée à un déficit de la découverte de nouvelles molécules antibactériennes ont provoqué un regain d’intérêt pour l’application thérapeutique des bactériophages.