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lundi 15 décembre 2014

Sécu et prime de performance : certains médecins touchent un «bonus» de fin d'année de 5.800 euros


La Sécurité sociale verse une prime aux médecins généralistes lorsqu’ils atteignent les "objectifs" qui leur ont été fixés. Les "performances" sont encourageantes pour le suivi des maladies chroniques, beaucoup moins bonnes pour les actes de prévention. 

Les virements bancaires seront faits à partir de la semaine prochaine. Un peu plus de 85.000 médecins libéraux, en grande majorité des généralistes, vont toucher ce mois-ci leur «rémunération sur objectifs de santé publique». Ce «bonus» annuel atteint en moyenne 5.774 euros pour les généralistes, mais il varie fortement en fonction des "performances" de chaque praticien. Depuis 2012, les médecins qui le souhaitent peuvent bénéficier de ce nouveau mode de rémunération, en plus du paiement des consultations et des autres actes qu’ils réalisent. Cette prime représente une dépense de 267 millions d’euros en 2014. 

Une batterie de 29 indicateurs a été mise en place afin de rationaliser les pratiques de la profession. Les médecins doivent ainsi vacciner un certain pourcentage de patients âgés, ou faire faire des mammographies aux femmes de plus de 50 ans. Pour le suivi des maladies chroniques, il leur est demandé de prescrire plus de médicaments contre le cholestérol aux diabétiques qui présentent un haut risque cardiovasculaire. Et de réaliser des fonds d’oeil pour tous les diabétiques afin de détecter d’éventuelles complications.

Bilan 2013 mitigé 

D’autres indicateurs ont pour but de maîtriser les dépenses de santé. S’ils veulent "gonfler" leur prime, les médecins doivent par exemple prescrire plus de médicaments génériques. Enfin, la modernisation des cabinets médicaux permet aussi d’augmenter le bonus : tenue d’un dossier de synthèse informatisé pour les patients, utilisation de logiciels d’aide à la prescription... 

Le bilan de l’année 2013 est mitigé. Globalement, les objectifs ont été mieux remplis qu’en 2012. Près de 60% d’entre eux ont été atteints l’an dernier, contre 51 % un an plus tôt. « Les progrès sont notables pour le suivi des maladies chroniques, l’organisation du cabinet et la maîtrise des prescriptions », se félicite Frédéric Van Roekeghem, le directeur de l’Assurance-maladie.

Défiance croissante de la population 

Les résultats sont beaucoup moins probants pour la prévention. La part des patients de plus de 65 ans vaccinés contre la grippe a reculé. L’Assurance-maladie déplore «une défiance croissante de la population vis-à-vis de la vaccination». Les dépistages des cancers du sein et du col de l’utérus diminuent eux aussi. «Les débats actuels à propos des mammographies et des vaccins contre les papillomavirus, destinés à prévenir le cancer du col de l’utérus, tendent à brouiller les repères des patients», poursuit-elle. 

«Cette année, nous devrons accélérer pour obtenir de meilleurs résultats, notamment dans le domaine de la prévention», a déclaré le directeur de l’Assurance-maladie, Frédéric Van Roekeghem. La question sera abordée avec les syndicats de médecins. Le premier d’entre eux, la CSMF, a demandé ce jeudi que la rémunération à la "performance" soit étendue à tous les médecins spécialistes