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lundi 28 septembre 2015

Contrefaçon monétaire et sociétale, par Le Bouc Émissaire

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Véritable témoin que l’on se passe de mains en mains dans notre course pour la vie, l’argent est le système nerveux de notre société et le billet de banque son incarnation la plus emblématique. Que l’on soit pauvre ou fortuné, impossible d’y échapper.

« Tout comme la musique, la barrière des langues ne le concerne pas »

Un jour de novembre alors en voyage à l’étranger, j’entre dans un bureau de change. En échangeant mes €uros, sur lesquels j’avais veillé avec obstination et dévouement depuis leur sortie d’un distributeur français, contre leur valeur en monnaie locale,  une question me traversa alors l’esprit. En extrapolant un peu, me serait-il alors possible d’échanger mes enfants contre des enfants « locaux » ? Ou ma femme contre une femme « locale » ? Ça n’aurait évidemment aucun sens (encore que, pour ma femme :) ). Se séparer d’une personne à laquelle on est attaché n’est jamais chose aisée. Il en va de même pour sa maison, sa ville ou son pays.
Que ce soit sous la forme d’un billet de 100, deux de 50 ou cinq de 20, du moment que la somme y est, c’est l’essentiel. Savoir ensuite si c’est tel ou tel billet que l’on a eu en main, cela nous indiffère totalement.
Le billet est le sang qui irrigue les veines de toute société humaine, assurant son « bon » fonctionnement. Lui seul peut se vanter de connaître et côtoyer toutes les origines sociales, religieuses, ethniques ou culturelles. De par sa circulation le billet est sans aucun doute le véritable témoin de son époque. Plus célèbre que le plus célèbre des prophètes, de nationalité universelle, son nom se conjugue dans toutes les langues et par tous les temps (il est temps de retirer de l’argent, le temps c’est de l’argent, l’argent c’est bien tout le temps, même quand il pleut, etc.) Le mot « argent » doit avoir, quelque part, quelque chose de magique pour qu’il provoque tant de désirs ou de haine chez les gens. De New York à Tokyo en passant par Paris, ses adeptes se comptent par millions (d’euros si possible). Entassés dans de grandes salles où se mêlent (sûrement) transpiration et écrans d’ordinateur, ils prient leur « Dieu » en hurlant à la mort, ce qui au final n’influe pas sur grand-chose sauf, peut-être, sur les fluctuations boursières qui déstabilisent le marché. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’on donne à l’argent tant de surnom : thune, pognon, caillasse, maille, oseille, blé, flous, cash. Sans oublier la célèbre ville Dubaï la bien nommée.
Cependant en y regardant d’un peu plus près, on observe une chose des plus intéressantes concernant nos si chers billets de banque : personne n’aurait l’idée d’accepter un faux billet. D’abord parce qu’il n’a aucune valeur, en plus de nous faire perdre de l’argent. On attend d’un billet l’authenticité la plus absolue. Les faux semblants n’ont pas lieu d’être dans notre relation avec lui, alors même qu’il n’est qu’un amalgame de cellulose inerte dénué de tout sentiment. L’hypocrisie que l’on refuse à un billet est, bizarrement, tolérée parfois même recommandée, dans nos relations humaines. Plus on est de faux, plus on rit ?
L’argent n’a pas d’odeur, certes, mais il n’a pas non plus de valeurs. À vrai dire il n’en a jamais eu. Il est à l’image du monde dans lequel nous vivons, inexistant et basé sur les apparences. Un faux billet de banque est en réalité un faux faux billet.
Ajouter à cela qu’il dispose de multiples attitudes et capacité comme celle d’être blanchi, liquide, sale souvent. « Bien placé », il a la capacité de faire des petits, il s’auto-engendre. Ce qui est tout simplement fabuleux. Se créer soi-même alors même que l’on n’existe pas relève d’un niveau d’escroquerie jamais atteint. Sa versatilité n’a d’égale que l’utilité qu’on veut lui accorder. À l’instar d’un chien que l’on dresse pour le combat, l’argent ira dans le sens qu’on lui inculque.
Nous sommes dépendants d’une monnaie qui n’a d’existence que virtuelle et qui paradoxalement nous permet de vivre concrètement. Comment dès lors ne pas voir l’escroquerie monumentale que sont nos sociétés modernes ? Nombre de personnes se déclarent athées alors même qu’il est impossible de prouver la non-existence de Dieu. Cependant il est prouvé que l’argent est fictif, mais la masse croit dur comme fer à son existence. Ils ne croient pas à la Thora, la Bible ou le Coran comme livre révélé par Dieu. Non, rien de tout cela. Le £ivre à qui ils prêtent (avec intérêt) foi n’a pas été révélé à Moïse sur une montagne, mais à Rothschild dans une vallée plane nommée la planche à billets, tout ceci est relaté en détail dans les Évangiles selon saints Dollars, Saint €uro et sainte Fed. Ils sont disponibles en petites coupures dans toutes les bonnes succursales bancaires de par le monde.
Le billet met en exergue les réactions irrationnelles dans nos sociétés capitalistes. Ou comment les gens travestissent leurs relations avec leurs semblables par cupidité. Des guerres ont été déclarées à la simple évocation de son nom, des hommes ont vendu leurs mères pour trois fois rien. D’autres, pour deux fois plus (de trois fois rien), c’est-à-dire pas grand-chose, la livre à domicile, cela donne à réfléchir. Mais le pire reste à venir, un « nouveau » paradigme financier qui balayera celui existant. En réalité il se met en place depuis des années, mais son avènement est tout proche. Il sera effectif lorsque les billets de banque auront définitivement disparu. Alors le monstre numérique engloutira  l’infime part de liberté qui nous reste encore…le contrôle sur  nos vies sera alors total.
Sommes-nous devenus à ce point inconscients pour n’avoir rien vu venir et faire preuve d’une telle cécité ?