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dimanche 27 septembre 2015

La Conspiration du silence



 Jean-François Gille est un personnage peu commun. Chargé de Recherche au CNRS dans les années 70, l’homme développe très vite une autre passion que la mécanique quantique : L’ufologie. Un centre d’intérêt apparemment peu compatible avec l’éminent centre français de recherche scientifique qu’il quittera en 82 tout en dénonçant sans détour le conservatisme étroit de l’institution en la matière. L’homme ne s’est pas contenté de s’essayer à l’analyse du phénomène OVNI, il s’est clairement inscrit dans une démarche activiste en se rapprochant de personnalités controversées, comme l’écrivain Jimmy Guieu, John Lear ou encore Lucien Cometta qui dénonçaient sans équivoque l’existence d’une menace extraterrestre, d’une conspiration du silence entretenue par des officines secrètes.
Une omerta mondiale qui maintiendrait la population dans l’ignorance d’une réalité qui révolutionnerait nos sociétés et surtout bousculerait considérablement l’équilibre des pouvoirs économiques et politiques. Une vision certes caricaturale pour les routards du JT et de l’information mainstream qui, comme la plupart des « autorités » scientifiques, considéreront ce genre de prise de position comme une hérésie fantaisiste fort distrayante si pas dangereuse. Car aujourd’hui, développer ou exposer des hypothèses de nature conspirationniste est devenu synonyme de fondamentalisme, d’opportunisme politique ou, mieux encore, de crétinisme. 

Mais au fond, cela veut dire quoi, le conspirationnisme ? C’est surtout une étiquette très pratique que l’on colle à ceux qui se posent de bonnes questions quand on leur sert de mauvaises réponses, c’est une pression sociale normative, un épouvantail brandi par ceux qui voudraient nous voir penser en rond à l’aune de leurs conclusions hâtives souvent soumises à des groupes d’intérêt. C’est aussi un label noir souvent associé au révisionnisme historique et au négationnisme pour diaboliser ceux qui s’insurgent contre un système de pensée unique et faire peur à ceux qui seraient tentés de traverser en dehors des passages cloutés. 

Cela n’a pourtant pas toujours été le cas. Dans les années 40 et 50, les milieux scientifiques et militaires nord américains ainsi que la presse étaient sensiblement moins frileux face au phénomène ovni et il aura fallu nombre d'organisations soi-disant civiles infiltées par l'armée et la CIA, de commissions et comités d’enquête officiels aux conclusions biaisées et courues d’avance comme SIGN, Blue Book, Condon Report, NICAP, etc., pour désamorcer la véritable bombe que représentait ce que l’on appelait encore sans rire les soucoupes volantes. Avec le temps, quelques décennies plus tard, les martiens ont fait long feu et ont perdu toute légitimité scientifique. Ils sont finalement devenus un non sujet, du moins officiellement. 
Heureusement, face au silence abyssal de nos institutions, il y aura toujours des électrons libres pour dénoncer le système. Nous sommes de ce fait très heureux de pouvoir vous proposer une interview exclusive de Jean-François Gille, car chez Karmapolis, c’est une tradition, on aime les têtes brûlées. 
 
Une interview de Jean-François Gille 

Karmatoo : De Chargé de Recherche au CNRS dans les années soixante-dix, vous êtes devenu ufologue. Votre travail au Centre nationale de la recherche scientifique était-il lié à vos investigations sur les ovnis? 

Jean-François Gille : Non. Au CNRS j'étais dans un labo de Physique Théorique (Marseille, 1969-1982. Directeur de Recherche : Daniel Kastler. Orientation du labo: Bases théoriques de la Mécanique quantique et de la Théorie des champs). Le CNRS ne reconnaissait pas - ne reconnaît pas - les ovnis. Ils y sont même niés très énergiquement. Il me souvient d'avoir été littéralement pris à la gorge par un jeune collègue chercheur - alors que ce garçon, A... B..., était d'ordinaire le plus gentil et le plus pacifique des hommes : j'avais parlé d'ovnis en public devant lui... 

Karmatoo : En 1982, la revue Nostra – véritable « Paris-Match » grand public de l’ufologie et du paranormal – publie une lettre ouverte que vous avez écrite à l’attention de votre ancien Directeur de Recherche. Vous y dénoncez l’incompétence, l’inaction et la courte vue de votre hiérarchie à propos du phénomène ovni dont vous affirmez la nature extraterrestre. Pourquoi avoir choisi le Nostra qui à posteriori était plutôt un magazine à sensation où le pire et le meilleur s’y côtoyaient ? 

Jean-François Gille : Je n'ai pas choisi "Nostra. J"ai envoyé mon texte dactylographié et photocopié à diverses personnes, dont Philippe Schneyder (OVNI, Premier bilan), maintenant décédé, et Jimmy Guieu (décédé en janvier 2000). Ce dernier a transmis ma lettre ouverte à Nostra. Quant à Libé, c'est un monsieur X.... qui leur a transmise. Ce monsieur X, je ne l'ai rencontré qu'une fois, à Paris, quelques mois après (j'ai son nom quelque part dans mes archives à la campagne). Il avait accès à la Rédaction de "Libé", sans que j'ai jamais su si il y était journaliste encarté ou non. 

Karmatoo : Je crois savoir que vous échangiez des informations avec le très controversé Jimmy Guieu. L’ufologue romancier qui a popularisé par ses romans le concept des « Petit Gris » en France et qui pour faire connaître ses idées n’avait pas peur de participer à des shows télévisés comme par exemple « Coucou c’est nous ! » de Christophe Dechavanne. Vous avez aussi fait connaître au public anglophone l’hypothèse de Lucien Cometta sur la mystérieuse base américaine de Pine Gap en Australie. Vous avez manifestement participé au dark side de la recherche sur les ovnis. Selon vous, l’ufologie est-elle intimement liée aux théories conspirationnistes? 

Jean-François Gille : L'ufologie est indubitablement liée aux "théories conspirationnistes", certes, de même que les Observations Rapprochées (CEiii) et les contacts avec les Aliens (CEiv, v et au delà) sont souvent concomitantes d'effets psi, parapsychologiques (comme l'avait souligné en son temps l'astronome et ufologue Pierre Guérin - que j'ai eu l'honneur de rencontrer en tête-à-tête par deux fois, à trente ans d'intervalle ! Cependant, l'expression "théories conspirationnistes" évoque un certain dédain (Cf. les travaux, remarquables par ailleurs, d'André Taguieff, par exemple) de la notion, cependant très évidente qui attribue au Pouvoir, quelque soit l'époque, quelque soit l'origine historique ou sociale de ce Pouvoir, aux Puissants, en un mot, l'habitude de fomenter, ou de subir, descomplots de toute sorte et de toute envergure. Je n'ai besoin pour montrer cela que d'évoquer la mort de Jules César, par exemple, les innombrables complots et conjurations (Catilina, etc., ...) narrés par Plutarque dans ses Vies parallèles... Bref, à mon humble avis, le Club du Siècle, Davos, les Bilderberg, le Council of Foreign Relations (revue : "Foreign Affairs", en vente en France dans certains kiosques, et même à Aix-en-provence !), la Trilatérale, et, aux États-Unis, le National Security Council (officiel et, officiellement, essentiellement militaire), les fameuses "agences à trois lettres" : CIA, FBI, NSA, DEA, DIA, etc., etc., sont TOUS des "organismes conspirationnistes". Rappelez-vous aussi les tristement célèbres "organes" de la peu regrettée Union soviétique (KGB - lointain successeur de la Tchéka, du NKVD, MVD, MGB, etc.), GRU..., j'en passe et des meilleurs. 

Quant à Jimmy Guieu, je ne l'ai connu personnellement que parce que nous étions présents, tous les deux mais indépendamment, à la Réunion des ufologues civils pour fonder le GEPAN, ou quelque chose d'approchant; à Toulouse (1977 ?). Il me cite avec indulgence dans son très regrettable Contact OVNI à Cergy-Pontoise; J'aimais cet homme attachant à plus d'un titre mais sa vie, difficile au demeurant, exigeait de lui qu'il continuât à mélanger, plus ou moins à l'insu de son plein gré Science-Fiction et journalismeinvestigatif sur les ovnis. Ce que je lui reprochais, évidemment mais une attitude trop ouvertement critique à son égard auraient mis en danger nos relations sur le plan humain, relations auxquelles je tenais beaucoup (Il était Aixois, et moi, je le suis d'adoption). 

Je pense, et ceci n'engage que moi, qu'il existe des contacts - depuis au plus tard la période "fin des années 1940 - début des années 1960" - aux USA, entre des émissaires militaires clandestins humains (si l'on peut dire, Ah, ah, ah...) et des "émissaires" (whatever itmay mean) "Alien". Je pense que les enlèvements (abductions) ont été très réels (et pas seulement fantasmés ou simulés, maladroitement, par des militaires US) et qu'ils ont peut-être cessés maintenant, leur "boulot" étant accompli (Cf. Mme de Brosses). 

Karmatoo : Je reviens encore sur le sujet de la conspiration. Vous avez participé à une expédition sur le mont Archuleta entre le Colorado et le Nouveau-Mexique, à deux pas ou presque de Dulce, un lieu connu par ses rumeurs tenaces à propos de bases souterraines secrètes abritant un cartel d'extraterrestres et d'êtres humains. Selon vous ces rumeurs étaient-elles fondées sur des faits tangibles ou n'étaient-elles que le fruits de récits mythiques de sources anonymes et pour la plupart parfaitement invérifiables? Cherchiez-vous des preuves ou à tout le moins des indices pour valider ces rumeurs qui entouraient et entourent encore le comté de Dulce ? 

Jean-François Gille : Les "rumeurs", comme vous dites, concernant une base conjointement dirigée par des "officiels" US (militaires ou "pas") et des Aliens (quelle que soit la nature de ceux-ci au demeurant), base située, selon ces "rumeurs", sous le MontArchuleta près de Dulce, au Nouveau-Mexique (USA) étaient bien des "rumeurs". 

A ce propos - et j'ouvre ici une parenthèse - la "Rumeur d'Orléans" (si vous ne savez pas ce que c'est demandez à des amis plus âgés, ou à Wikipedia, ça doit y être) était sans doute une rumeur, c'est-à-dire la propagation de fausses informations, [en ce cas, des accusations, injustifiées, de proxénétisme et de trafic d'êtres humains - accusations qui visaient certains commerçants israélites d'Orléans] et la propagation volontaire par des sources et des intermédiaires (du moins les premiers intermédiaires, les plus proches de la source) mal intentionnés, voire carrément malveillants et/ou délictueux (criminels, même !). La démonstration de la fausseté de cette "Rumeur d'Orléans" a été faite à l'époque (les années 70, crois-je...) par un de nos plus célèbres sociologues (était-ce Edgar Morin ? - Je n'en suis pas sûr, et je n'ai pas le temps de le vérifier). Toujours est-il que cette rumeur d'Orléans avait peut-être était injectée à dessein par de bonnes âmes désireuses de prouver, à tout prix, leur cause... 

- Revenons à nos moutons de Dulce. Les bruits, la rumeur, si vous y tenez, étaient basés sur de multiples incidents de mutilations de bétail. Mais... "Les animaux, ce n'est pas grave", insisterons, bien entendu, certains "humanistes" (les judéo-chrétiens, en particulier, sans parler de nos amis musulmans ! sont particulièrement insensibles à la douleur animale. Il n'y a pour eux que "Sapiens sapiens" - [Ah ! cette dénomination farce... ] - qui compte). Mais, je m'égare. 

Dernier point : Les preuves, vous savez, Cher Bruno, ça ne se trouve pas comme ça sous les pas d'un cheval, si j'ose dire. Par exemple : Quelle preuve avez-vous, personnellement, de l'existence, mettons, de l'Australie, par exemple ? - si vous n'y êtes paspersonnellement allé, veux-je dire - Hein ? (comme on dit en Ch'ti ou en Provençal). Des rapports, des bouquins, des récits de voyageurs, des émissions de radio, des cartes de géographie (!).... Mais... "Rumeurs" que tout cela, rumeurs... 

Vous objecterez peut-être du sens commun, le mieux partagé selon notre malheureux et triste philosophe national (Descartes). Eh oui ! notre pays est cartésien jusqu'aux moelles, et je dirais même que, de ce point de vue-là, il est indécrottable. 

Je reste persuadé, cependant, qu'à Karmapolis il n'en est pas ainsi. 

Si je vous suis bien ces rumeurs proviendraient de faits bien réels, apparitions d’ovnis, mutilations animales et seraient également déformées par de la désinformation organisée comme par exemple les fameux "Branton Files" sur les bases reptiliennes de Dulce ?! 

Jean-François Gille : Oui, je pense que les rumeurs concernant une éventuelle base souterraine près de Dulce, à savoir sous le Mont Archuleta proviennent essentiellement des mutilations de bétail qui furent nombreuses dans la région au cours des années 70 et 80. Je vous joins mon modeste rapport sur la question, car j’ignore si vous l’avez eu en main. Les vieux habitants de la région parlaient également de grondements (non telluriques) en provenance du sous-sol, des années auparavant. Mais le fait essentiel qui emporta ma conviction est le témoignage que me répéta personnellement Gabriel Valdez, d’avoir été “braqué” par des Forces Spéciales vraiment spéciales, c’est-à-dire en battle-dress noirs, sans insignes de grade, ni d’unité parente. Valdez était un homme costaud, solide, réaliste. Un (bon) flic à l’américaine, essentiellement pragmatique. 

Quant au Branton Files (appelées plus exactement, je crois, The Dulce Book) elles émanent de ce “Branton” (un pseudonyme) un homme dont je ne sais rien, si ce n’est ce qu’en racontent sur Internet des éléments qui lui sont hostiles. 

De “Jason Bishop” (autre individu se cachant sous un pseudonyme), je n’ai aucun souvenir précis. Je ne sais pas s’il dit vrai lorsqu’il prétend m’avoir rencontré. En tous cas, il n’était pas avec nous sur la montagne (voir mon rapport pour la liste exhaustive des participants). 

Et, pour finir, je n’emploie jamais pour ma part le mot de reptilien pour qualifier des entités extraterrestres qui seraient, d’après ce qu’on lit dans le folklore ufologique contemporain (depuis 30 ans) les “maîtres” des Gris, en quelque sorte. Nous ne savons pas – et en tout cas je ne sais pas qui sont ces êtres, qu’ils soient des “Gris” ou autre chose. Je sais simplement qu’il existe des contacts, à un très haut degré de secret, entre des humains et des non-humains. Comment je le sais ? Ce n’est pas ici le lieu d’en parler. 

Karmatoo : Qu'entendez-vous par "je n'ai aucun souvenir précis" ? Que vous auriez très bien avoir pu le rencontrer juste avant ou après cette expédition sans pour autant vous en souvenir? Bishop n'était il pas le pseudonyme d'une des personnes ayant participé avec vous à cette expédition sur le mont Archuleta ? Par ailleurs, toujours concernant Jason Bishop, ses allégations concernant votre participation à des investigations gouvernementales sur le phénomène ovni sont donc également des fausses rumeurs. 

Jean-François Gille : Ce que j’entends par « je n’ai aucun souvenir précis » est tout simplement cela : je ne m’en souviens pas. Je ne veux donc – ni ne peux – accuser tout net M. “Jason Bishop” de mensonge. Peut-être dit-il la vérité, peut-être pas. 

Bien entendu, j’ai rencontré un certain nombre de personnes avant, et encore plus après, notre expédition des 23 et 24 octobre 1988. En particulier, au Congrès du MUFON, à Las Vegas (Nevada), le mois de juillet (1989) suivant. Il se peut que M. “Bishop” (un nom hyper courant aux “États”) ait été parmi ces personnes. 

Je dois constater – à ma courte confusion – que, si c’est le cas, il ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Et tant qu’il ne précisera pas les circonstances de cette prétendue rencontre, je ne reviendrai plus sur la question. Et enfin, non, absolument pas, « Bishop » ne saurait être le pseudonyme d’aucune des personnes qui firent réellement partie de l’expédition au Mont Archuleta. 

Vous avez sous les yeux mon rapport (je crois que je vous l’ai envoyé en pièce jointe. Je vais réitérer pour faciliter le dialogue). Nous étions 8 (huit) en tout et pour tout : 

1 – 3) Trois gamins (Manuel, Greg et Jeff) ; 

4) Une femme (Éliane Allègre, infirmière DE – formée à Marseille et à New York. Alors infirmière à l’Hôpital des Vétérans de l’USAF à Albuquerque.) ; 

5) Un propriétaire terrien et éleveur (un rancher) assez fruste, mais très motivé (il était armé jusqu’aux dents !) car victime, jusque très récemment (en 1988) du phénomène, inexplicable à ses yeux – et aux miens –, désigné habituellement sous le nom de mutilations de bétail. Après une longue série de ces incidents révoltants, une de ses vaches fut mutilée et tuée un matin, à quelques centaines de mètres de lui et de sa famille, alors qu’il prenait son petit déjeuner… ; 

6) Gabriel Valdez (Chef du Bureau des Affaires Indiennes à Dulce – un poste très sensible aux USA. Ultérieurement, avant de prendre sa retraite, il s’installera avec les siens en ville, à Albuquerque, et sa fonction sera : Patrouilleur [Patrolman], New Mexico State Police) ; 

7) Un physicien travaillant à Los Alamos. Je lui affecté le pseudonyme de “Jack”. (Et cela n’a rien à voir avec ses vrais noms et/ou prénoms. Je ne suis pas naïf en ces matières). Je lui ai promis à l’époque un anonymat perpétuel – et ce jusqu’à ce qu’il en décide autrement, éventuellement (c’est-à-dire, dans la pratique, peut-être jamais) ; 

8) Et enfin, votre serviteur. 

Pas de “Jason Bishop” parmi les susnommés. Je connais le visage de “Jack”, et celui de “Jason Bishop”. Ils n’ont rien à voir l’un avec l’autre, croyez-moi ! 

A propos des allégations de cet individu concernant ma prétendue mission officielle aux USA concernant les ovnis, c’est une affirmation ridicule. 

Je n’ai jamais étudié les ovnis, tant en France qu’en Amérique, que sur mes fonds propres, à mes frais, avec mon argent ! Que ce soit bien clair, une fois pour toutes. Ni le CNRS, ni le CNES, ni l’État français (je veux dire : la République) ne sont impliqués, de près ou de loin dans mes recherches. Vous savez bien, Cher Bruno, qu’ils ont toujours nié (et avec quelle solennité, quelle véhémence, quelle hargne !) l’existence des ovnis… Pour eux, le « Phénomène OVNI », comme ils disent, n’est tout au plus, que des divagations d’alcooliques, de drogués, de fous ou d’imposteurs, les canulars d’aimables plaisantins, des ballons sondes et autres oies sauvages, voire au pire des phénomènes atmosphériques mal identifiés (Cf. Eisdalen and Co. …) Ces organismes ne partageaient, ne partagent ni ne partageront les échecs ou les succès de la recherche ufologique. Et je promets de veiller personnellement à ce qu’ils n’en aient aucune part. 

Karmatoo : Quel était la position de Valdez sur ses déboires avec cette unité très spéciale ? Pensait-il être intimidé du fait de ses investigations sur les mutilations animales ? Etait-il convaincu de la nature extraterrestre de ces prélèvements chirurgicaux sur le bétail ? 

Jean-François Gille : A l’époque (1988-89) Valdez était très amer lorsqu’il évoquait sa mésaventure (il s’en était sorti sans dommages physiques, c’est entendu) avec les Forces Spéciales inconnues. 

Ensuite, j’ai quitté les États-Unis, donc le Nouveau-Mexique, et je n’ai rien su de son évolution ultérieure. Vous savez peut-être, Cher Bruno, que les Américains normaux, ordinaires, n’écrivent pas. Ils ne répondent pas aux lettres d’amis ou de relations, particulièrement si ces dites relations ne sont même pas citoyens américains (ce qui est le cas de votre serviteur). A l’époque, donc, Valdez était convaincu que ses « ennuis » étaient dus à ses investigations sur les mutes. Ces activités sont 

détaillées, si je me souviens bien, tant dans les bouquins (excellents) de Linda Moulton Howe que dans les enquêtes très fouillées de Jean Sider, publiées dans ces années-là dans « Lumières Dans La Nuit ». 

A la fin des années 80, Valdez était convaincu (ainsi que votre serviteur) que les véritables responsables des mutes étaient des éléments non humains (avec la complicité, bien entendu, d’éléments « parfaitement » humains, USAF, CIA, NSA, Forces Spéciales, “Wackenhut”, voire “organes” étrangers, genre GRU, Services chinois – pourquoi pas ? – … Que sais-je ? Leur véritable dénomination est certainement parmi les secrets les mieux gardés) 

Par la suite, vers la fin de sa vie, il se peut que Gabriel Valdez ait changé d’avis. Il se peut. C’est ce que prétendent certains sites internet, dont je n’ai aucun moyen de déterminer la fiabilité ou l’absence de fiabilité. Pour ma part, je n’en sais rien et je n’imagine aucun moyen de le savoir. 

Karmatoo : Selon-vous ces abductions observées plus particulièrement dans les années 70/80 sont-ils des événements de nature extraterrestre, des manifestations d'ordre psychique ou encore des opérations secrètes de contrôle mental au même titre que MK ULTRA ? 
L'hypnose régressive qui a été utilisée par nombre d'investigateurs comme Budd Hopkins, a-t-elle permis de dégager des conclusions ou à tout le moins des réponses crédibles ? 

Jean-François Gille : Je pense – mais ceci n’engage que moi – que les abductions, dans leur ensemble, sont le fait, pour certaines, d’extraterrestres (que l’on peut appeler Aliens ou aliénigènes, cela ne me dérange pas). D’autres fois, les rapports de CEiv en question sont certainement dus aux désordres psychiques d’hommes ou de femmes plongés dans l’univers culturel et mental américain et malades. D’autres encore sont (permettez-moi, Cher Bruno, pour cette fois-ci encore, de garder pour moi les raisons de mes certitudes) le fait d’expériences criminelles pratiquées par des militaires (américains, essentiellement). 

L’Hypnose régressive est une méthode très fascinante, très productive. Elle n’est malheureusement pas fiable. La personnalité de l’hypnotis/eur/euse intervient de façon drastique dans la nature des réponses, sous hypnose, de l’hypnotisé(e), surtout lorsque le praticien, amateur en général, n’est pas qualifié pour pratiquer une telle investigation mentale. 

Ceci dit, il est vrai que les séances d’hypnoses des enlevés corroborent généralement les fuites qui sont intervenues, volens nolens, en provenance des milieux du Renseignement Air des différentes nations majeures en possession de l’arme nucléaire et de systèmes afférents opérationnels 

Karmatoo : Si vos convictions en matière ufologique n'ont pas rencontré de retour de la communauté scientifique, comment le petit monde des chercheurs sur les "rentrées atmosphériques" a-t-il accueilli vos prises de position sur les déclarations de John Lear à propos des Black Projects de Groom Lake, ou encore votre proximité avec Maurice Châtelain qui affirmait que l'équipage d'Apollo 11 avait vu des vaisseaux extraterrestres sur la Lune ? 

Jean-François Gille : Le « petit monde des chercheurs sur les “rentrées atmosphériques” », comme vous dites, je ne le connais pas et je n’ai jamais travaillé avec eux. Pour moi, ce sont des gens du CNES, délégués par cet organisme gouvernemental vers l’ex-GEPAN (ou le “GEIPAN” – comme si cela changeait quelque chose d’ajouter une lettre à un sigle !). Ou bien des chercheurs “privés” qui suivent en tout et pour tout les directives et/ou l’idéologie officielle de scepticisme extrême de bon ton chez les gens “raisonnables” (dans le meilleur des cas, une ouverture “modérée” à la possibilité qu’il y ait, peut-être, dans de très rares cas, quelque chose d’étrange, ou – qui sait ? – le reflet, le souvenir d’une apparence d’un « vaisseau extraterrestre » – Ouf ! Le gros mot….). 

Donc, pour ces gens-là, crois-je, il n’existe aucun John Lear au numéro que vous avez demandé, il s’agit, pour nos braves “scientifiques”, d’un espion, si l’on est poli, d’une “barbouze”, si on l’est moins. Et l’affaire est dite, pliée, expédiée, c’est-à-dire : CIRCULEZ, IL N’Y A RIEN A VOIR. 

Quant à M. Maurice Châtelain, je n’ai jamais, là non plus, été proche de lui. Tout au plus lui ai-je, fin 1979 ou début 1980, adressé une ou deux lettres (dont un télégramme, je l’avoue, quand j’ai cru, à tort, avoir démontré la théorie dont il va être question) à propos de l’Isocélie, cette théorie de l’ex-lieutenant de l’Armée de l’Air française, Jean-Charles Fumoux qui prétendait que les différents points d’atterrissages d’ovnis formaient, sur le territoire français, un nombre de triangles isocèles statistiquement bien supérieur à celui qu’auraient dû leur attribuer, normalement, les lois du hasard. Cette théorie “fumeuse”, comme vous le savez sans doute, s’est (malheureusement pour Fumoux et moi-même) révélée fausse, comme l’atteste la Note technique N°3 publiée par le GEPAN1. Châtelain a publié ensuite un livre regrettable2 qui faisait grand cas de la théorie – fausse, encore une fois ! – de l’Isocélie, tout en l’étendant, d’une façon désinvolte, dérisoire et grotesque à l’immense territoire américain. 

Châtelain était certainement un agent de désinformation. J’en ai la quasi-certitude mais je ne m’étendrai pas là-dessus. Cela ne veut pas dire, bien sûr, que l’équipage officiel du LEM, composé de Neil Armstrong et d’Edwin Aldrin, n’ait pas vu des ovnis alors qu’ils attendaient, enfermés dans cette dérisoire3 “Deux-chevaux” de l’espace qu’était le LEM, d’effectuer leur sortie historique sur le sol lunaire d’être assez “reposés”. Ils étaient même censés dormir (!). 

Je me souviens de cette allégation si peu vraisemblable diffusée par la radio, alors que j’étais cramponné à un petit transistor, dans l’étouffante nuit martiniquaise, cette nuit de juillet 1969. Au vu de l’extraordinaire excitation qui devait être la leur (sans compter l’impatience de quelques milliards de Terriens !) qui peut croire que MM. Armstrong et Aldrin aient attendu sagement, en faisant dodo comme des petits anges, que Capcom veuille bien admettre qu’ils étaient suffisamment “en forme” – eux, ces athlètes accomplis, vainqueurs, et au premier rang, d’une sélection impitoyable, portant tant sur leur santé physique que mentale – pour pratiquer leur activité extravéhiculaire. 

Karmatoo : Pour vous, l'ufologie, c'est l'étude d'un phénomène ou ce serait plutôt entrer en résistance ? 

Jean-François Gille : Je penche plutôt pour la deuxième hypothèse. Entrer en résistance, oui, contre l’idéologie anomique qu’on nous propose, faites de bons sentiments et d’une profonde culpabilité (si l’on est un Occidental). Nous avions conquis le monde, maintenant nous distribuons des sandwiches. Il y a aussi le mensonge d’État, insupportable, pourvu qu’on feigne de croire, ne serait-ce qu’un seul instant, aux si beaux principes de la démocratie, et de l’égalité absolue – tant entre les individus qu’entre les peuples ou les “civilisations” (en oubliant souvent qu’une civilisation implique l’usage de l’écriture, à la différence d’une simple “culture”…). 

L’étude du phénomène, elle, nécessiterait que l’ufologie soit constituée en tant que science, et que ceux qui la pratiquent soient des experts qualifiés de cette discipline (une discipline encore à naître à vrai dire). C’est loin d’être le cas. Il s’agit bien d’un combat, et non d’une entreprise scientifique. 

Karmatoo 

 
Pour être tout à fait clair, je précise que j’assume entièrement la responsabilité des erreurs, des fautes méthodologiques éventuelles et des conclusions erronées de celle-ci, chose que j’ai reconnue publiquement à plusieurs reprises et, par écrit, dans la revue « Contact OVNI ».
 
Les Messagers du Cosmos, Robert Laffont, Paris 1980.
 
 À vrai dire incroyable de fragilité, de précarité. Il est peu vraisemblable, à mon sens, qu’il n’y ait jamais eu d’accidents, pour six vols habités d’Apollo (sur sept en tout) – comprenant alunissage, décollage du sol lunaire et rendez-vous en orbite lunaire avec le module de commande, piloté par un seul malheureux astronaute privé de “marche sur la Lune”. Même la périlleuse odyssée d’Apollo XIII, s’est terminée en triomphe, puisque les héroïques astronautes concernés, Jim Lovell, Jack Swigert et Fred Haise, revinrent indemnes sur notre bonne vieille planète, grâce à leur sang-froid et au savoir-faire des spécialistes au service de Capcom. Cette curieuse explosion d’un réservoir extérieur d’oxygène fut juste assez grave pour qu’elle contraigne les responsables de la NASA à renoncer, pour cette fois-là, à toute tentative d’alunissage tout en étant suffisamment bénigne pour permettre à l’équipage et aux équipements essentiels de n’être pas gravement affectés – A vrai dire, en temps réel (cette aventure je l’ai suivie à la radio plutôt que sur la télévision car j’étais à cette époque-là au Sénégal) la mort de ces courageux pionniers semblait inévitable, et ceci tant qu’ils n’eurent pas délicatement amerri quelque part dans l’Océan pacifique. 

Karmatoo - © Karmapolis - Avril 2012
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