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samedi 26 septembre 2015

La Russie va acheter d’occasion les porte- hélicoptères Mistral à l’Égypte

 
Les voitures neuves sont souvent proposées par les constructeurs dans leurs catalogues à des prix élevés. Les concessionnaires automobiles ont imaginé un truc pour contourner les prix catalogue et vendre plus de voitures : ils vendent la nouvelle voiture à des hommes de paille pour un jour ou deux. Ces voitures sont qualifiées de voitures de démonstration ou de voitures déjà immatriculées. La voiture d’occasion est rendue au concessionnaire qui la vend à l’acheteur initialement prévu à un prix inférieur au prix catalogue du fabricant. 

Il semble qu’on soit en train de recourir à un artifice de ce genre, bien que ne comportant pas de prix, pour ce qui concerne deux navires de guerre qui ont défrayé la chronique.
 
La France a accepté de vendre à l’Égypte les deux porte-hélicoptères Mistral qui étaient à l’origine destinés à la Russie. 

*** 
Le contrat des Mistral, d’une valeur de 1,2 milliard d’euros (1,3 milliard de dollars), a été signé par DCNS / STX de France et Rosoboron export de Russie en 2011. Le contrat précisait que deux porte-hélicoptères français seraient livrés à la Russie, le premier en 2014 et le second en 2015. La Russie devait fabriquer une partie des coques des navires et fournir son propre matériel électronique militaire pour les navires de guerre. 

Cependant, le gouvernement français a décidé de ne pas remettre les navires à Moscou, du fait d’intenses pressions politiques de la part des États-Unis et de leurs alliés européens, suite à la réunification de la Crimée avec la Russie et à l’éclatement du conflit armé dans l’est de l’Ukraine. 

L’Égypte n’a pas vraiment besoin de ces porte-hélicoptères très coûteux et difficiles à utiliser. J’ai beau me creuser la cervelle, je ne vois pas du tout à quoi ils pourraient lui servir. Il y a donc probablement une autre raison à cette acquisition. 

L’Égypte va acheter ces deux navires grâce probablement à un crédit de la Russie. Les spécialistes russes les équiperont avec des systèmes d’armement russes. Puis, dans un an ou deux, l’Égypte vendra d’occasion les porte-hélicoptères à la Russie. Les inévitables pots de vin et autres gratifications destinés à faciliter cette transaction seront considérés comme des bonus que les dirigeants égyptiens ont bien mérités. 

Je ne doute pas que les Français, qui n’ont jamais voulu annuler le contrat conclu avec les Russes, font partie du stratagème depuis le début. 

Il ne reste qu’une seule question : Washington peut-il y faire quelque chose, et quoi? 

Traduction : Dominique Muselet